Investir dans les voitures anciennes, malin ?

09 sept. 2016
PAR NICOLAS PEYCRU

A la recherche d’actifs peu communs, les investisseurs trouvent parfois des poules aux œufs d’or là où personne ne s’y attendait… Ces dix dernières années, ce sont les vieilles voitures qui ont la cote.

Un indice pour les investissements atypiques

La société Knight Frank a créé le Knight Frank Luxury Investment Index (KFLII) pour référencer et évaluer la valorisation de certaines opportunités d’investissement dans le luxe. Si tous les prix n’ont pas monté, la tendance générale est à la hausse puisque l’indice a gagné 50% ces 5 dernières années et 189% sur 10 ans.

Une progression plus rapide qu’une Cadillac

Alors que l’indice nous rapporte que les meubles anciens ont reculé de 30% en 10 ans, les prix dans l’art et les vins ont respectivement augmenté de 3 et 3,5%. Et, toujours selon le KFLII, le prix des modèles de voiture d’exception a plus que doublé en 5 ans et presque sextuplé en 10 ans. Même l’année dernière, il a augmenté de 17% là où le KFLII dans son ensemble s’est contenté d’une progression de 5%.

50’s et 60’s ont le vent en poupe

Avec des prix multipliés par 4 en 5ans, les voitures des fifties et les sixties sont les plus sollicitées par les acheteurs. Celles des années 70 ne sont pas loin (x3,8) et si les modèles de l’entre-deux guerres séduisent moins, leur prix a tout de même doublé sur la même période. Avec une volatilité à 10% (soit le double de celle de l’art, du vin ou des pièces de collection), elle se situe 5 points en dessous de celle des actions (FTSE) et deux fois moins élevée que celle de l’or.

Des rendements aux vices cachés

Si l’investissement dans les véhicules anciens pourrait passer pour miraculeux, faites bien attention avant de vous engager. Pour ma part, je ne conseille pas forcément ce type de placement, étant donné que ces marchés atypiques demandent une très grande connaissance du marché concerné et ne peuvent pas représenter un investissement généralisable à tous.

De plus, les rendements ne prennent pas en compte les nombreux frais liés à la détention de ces engins (restauration, entretien, assurance…) et une correction n’est pas à exclure. L’indice Hagi portant sur les véhicules de collection a d’ailleurs stagné au premier semestre, venant contredire ses performances spectaculaires des années précédentes. Un signe de frilosité des acheteurs ? Investissez malin en surveillant le moteur des performances de ces véhicules d’anthologie et vérifiez qu’il ne prenne pas l’eau…

Auteur – Nicolas Peycru

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