Performances 2025 : les meilleures SCPI feront-elles vraiment mieux qu’en 2024 ?

01 févr. 2026
PAR NICOLAS PEYCRU

Après deux années de fortes secousses sur l’immobilier, 2025 apparaît comme une année de vérité pour les SCPI. Entre performances en nette amélioration pour certains véhicules et difficultés persistantes pour d’autres, les épargnants doivent désormais composer avec un marché plus exigeant, mais aussi plus lisible, où la sélection, la cohérence des stratégies et l’impact économique réel prennent une place centrale.

2025 s’impose déjà comme une année charnière pour les SCPI, dans un marché immobilier profondément transformé par la remontée des taux, les nouvelles exigences de rendement et une sélection beaucoup plus naturelle des véhicules. Derrière les chiffres spectaculaires mis en avant ces dernières semaines, c’est surtout une nouvelle logique d’investissement collectif qui se dessine : plus opportuniste, plus internationale et souvent plus responsable.

Pour les épargnants, particuliers comme chefs d’entreprise, la question n’est donc plus de savoir si la SCPI reste utile, mais comment et dans quels scénarios elle peut réellement jouer un rôle dans une stratégie patrimoniale moderne et citoyenne.

Un marché fracturé, mais plus lisible pour les investisseurs en 2025

Le marché des SCPI en 2025 est plus que jamais marqué par une forte fragmentation, souvent qualifiée de marché « à deux vitesses ». D’un côté, certains véhicules subissent encore de plein fouet la revalorisation des taux et la baisse des valeurs d’expertise immobilières, avec à la clé des ajustements de prix de parts et parfois des tensions de liquidité.

De l’autre, une nouvelle génération de SCPI, souvent lancée récemment, profite d’un contexte totalement différent : des actifs disponibles à des prix décotés, une collecte toujours dynamique et une capacité à investir rapidement sur des marchés porteurs.

Cette situation, parfois perçue comme inquiétante, rend pourtant la lecture du marché plus simple pour les épargnants. Il devient désormais beaucoup plus facile d’identifier les véhicules réellement positionnés sur les opportunités de cycle.

Pour les investisseurs particuliers, notamment ceux qui cherchent à diversifier leur patrimoine sans gérer directement des biens, la SCPI reste un outil collectif particulièrement adapté. Elle permet de mutualiser les risques, d’accéder à des marchés immobiliers souvent inaccessibles en direct et de participer, indirectement, à la transformation des usages immobiliers en Europe.

En filigrane, ce mouvement accompagne aussi une mutation sociale : rénovation énergétique, nouveaux bureaux flexibles, logistique de proximité ou immobilier de santé deviennent des supports concrets d’investissement citoyen, à travers des véhicules accessibles dès quelques centaines ou milliers d’euros.

Des performances record qui confirment l’utilité stratégique des SCPI

Les chiffres publiés pour 2025 confirment que certaines SCPI atteignent des niveaux de performance historiquement élevés, bien supérieurs à ceux observés en 2024. Le taux de distribution moyen du marché devrait légèrement dépasser celui de l’an dernier, qui s’établissait autour de 4,72 %, mais ce sont surtout les écarts entre les véhicules qui retiennent l’attention.

Plusieurs SCPI affichent déjà des performances globales annuelles supérieures à 8,5 %, et certaines dépassent largement ce seuil. Cette dynamique symbolise clairement l’émergence de stratégies opportunistes, capables de tirer parti d’un marché où de nombreux actifs ont été acquis dans un contexte favorable aux acheteurs.

Ces performances ne doivent cependant pas être perçues comme une promesse généralisable. Elles traduisent une capacité à exploiter un cycle particulier de l’immobilier, marqué par des vendeurs sous pression et par des financements redevenus plus sélectifs.

Pour les investisseurs, la SCPI retrouve ainsi une fonction essentielle : capter une performance immobilière décorrélée des marchés financiers, tout en bénéficiant d’une gestion professionnelle.

Elle devient un véritable outil d’arbitrage patrimonial, notamment pour ceux qui cherchent à compléter une assurance-vie, un plan d’épargne retraite ou un portefeuille financier. Dans un contexte de forte volatilité économique, cette stabilité relative des revenus immobiliers reste un élément clé de sécurisation à moyen et long terme.

Rencontrons-Nous

Baisse et hausse des parts : un signal fort pour mieux sélectionner

Depuis 2023, le marché a enregistré plusieurs vagues de baisses de prix de parts, liées à la révision des valeurs d’expertise et à la difficulté de certaines SCPI à céder leurs actifs dans de bonnes conditions. L’année 2025 s’inscrit dans cette continuité, avec de nouvelles baisses actées, mais aussi un phénomène moins médiatisé : la multiplication des revalorisations de parts pour les véhicules les mieux positionnés.

Cette double dynamique constitue un signal fort pour les investisseurs. Elle montre que la performance future passe désormais par une sélection rigoureuse des stratégies, des secteurs et des zones géographiques.

Les SCPI diversifiées à l’échelle européenne, très présentes sur plusieurs grands marchés immobiliers, tirent clairement leur épingle du jeu. Pour les épargnants, cette réalité impose un changement de posture.

Il ne s’agit plus d’acheter une SCPI pour la conserver indéfiniment, mais d’intégrer ce support dans une allocation évolutive. La SCPI devient alors un outil de pilotage patrimonial, au même titre que les supports financiers.

Cette approche est aussi porteuse d’un enjeu collectif : en orientant l’épargne vers des acteurs capables d’investir dans des immeubles mieux isolés, plus sobres en énergie et adaptés aux nouveaux usages professionnels, les investisseurs participent directement à la transformation durable du parc immobilier européen.

2025, une nouvelle vague de SCPI pour accompagner l’économie réelle

L’année 2025 n’a pas battu le record de créations observé l’année précédente, mais elle reste très dynamique, avec un nombre significatif de nouvelles SCPI lancées sur le marché. Ce renouvellement régulier illustre l’attractivité persistante de ce modèle d’investissement collectif.

Contrairement aux cycles précédents, ces créations répondent moins à un simple effet d’opportunité qu’à une logique de complément de gamme. Les sociétés de gestion cherchent désormais à proposer des véhicules spécialisés ou fortement diversifiés, capables de répondre à des besoins patrimoniaux précis : recherche de rendement, exposition internationale, immobilier alternatif ou thématique environnementale.

Pour l’économie réelle, cette dynamique est essentielle. Elle permet de financer des projets immobiliers structurants : entrepôts logistiques de nouvelle génération, résidences gérées, bâtiments tertiaires rénovés ou infrastructures de services.

À travers la SCPI, l’épargne privée irrigue directement les territoires et soutient l’emploi local dans la construction, la gestion immobilière et la maintenance. Pour l’investisseur, cette dimension collective donne du sens à l’allocation patrimoniale, bien au-delà de la simple recherche de rendement.

Une collecte en reprise, mais réservée à une minorité de véhicules

Les données de collecte confirment un redressement progressif en 2025, avec environ 3,3 milliards d’euros collectés sur les neuf premiers mois, soit une progression de plus de 30 % par rapport à la même période de 2024.

Ce chiffre reste toutefois très éloigné des records observés en 2022, lorsque la collecte dépassait les 10 milliards d’euros. Surtout, cette reprise ne profite qu’à une poignée de SCPI. Une quinzaine de véhicules concentrent à eux seuls près de 75 % de la collecte nette, illustrant un phénomène d’« archipélisation » du marché.

Cette concentration traduit une confiance renforcée des investisseurs envers les stratégies les plus lisibles et les plus agiles. Pour les particuliers, mais aussi pour les dirigeants d’entreprise à la recherche de solutions de placement pour leur trésorerie, la SCPI reste un outil pertinent à condition d’accepter une forte sélectivité.

Elle permet de lisser l’entrée sur le marché immobilier, de mutualiser le risque locatif et de bénéficier d’une gouvernance professionnelle.

Dans un contexte économique incertain, marqué par les tensions géopolitiques et les enjeux de transition écologique, la SCPI apparaît comme un instrument collectif de stabilité, capable de soutenir durablement l’investissement productif.

La SCPI, un outil patrimonial qui répond à des scénarios de vie très concrets

La SCPI retrouve en 2025 une place centrale dans de nombreux scénarios patrimoniaux. Pour un actif en phase de constitution de patrimoine, elle constitue une porte d’entrée simple vers l’immobilier, sans contrainte de gestion ni apport important.

Pour un épargnant plus expérimenté, elle devient un levier de diversification face à des marchés financiers parfois instables. Pour un futur retraité, elle peut offrir un complément de revenus réguliers, en cohérence avec une stratégie globale intégrant assurance-vie et épargne retraite.

Mais la dimension la plus marquante reste peut-être son rôle collectif. En investissant dans des immeubles mieux adaptés aux enjeux climatiques, à la santé ou à la logistique de proximité, les SCPI permettent aux citoyens d’orienter leur épargne vers des usages utiles à la société.

Cette logique dépasse la simple performance financière. Elle répond à une attente de plus en plus forte : donner du sens à son argent, sans renoncer à une gestion rigoureuse de son patrimoine.

Dans ce contexte, 2025 marque moins une rupture qu’une maturation du marché. Les SCPI ne sont plus perçues comme un produit standardisé, mais comme des outils d’investissement ciblés, capables d’accompagner des projets de vie et des choix sociétaux.

Pour les épargnants qui acceptent d’entrer dans cette nouvelle lecture du marché, la performance devient alors la conséquence naturelle d’un investissement collectif mieux orienté et plus responsable.

 

Pas de compte ?

Enregistrez-vous