
Depuis quelques années, les investissements dits “alternatifs” sortent du cercle des initiés. Après le vin, les forêts ou les œuvres d’art, un nouveau sujet intrigue certains épargnants en ce début 2026 : investir dans un cheval de course… sans être milliardaire ni propriétaire d’écurie.
Derrière l’image glamour des hippodromes se cache en réalité un modèle d’investissement fractionné, accessible à partir de quelques milliers d’euros. Mais est-ce vraiment un placement ? Pour qui ? Et surtout, est-ce pertinent dans une stratégie patrimoniale sérieuse ?
Prenons le temps de regarder cela avec recul, chiffres à l’appui.
Le secteur des courses hippiques est loin d’être anecdotique.
En France, il représente plus de 2 milliards d’euros d’activité, avec un segment des ventes de pur-sang dépassant 220 millions d’euros, dont plus de 90 millions pour les seuls yearlings.
Au niveau international, les ventes aux enchères de chevaux de course approchent désormais les 4 milliards d’euros, portées notamment par des acheteurs du Moyen-Orient et d’Asie.
Certaines ventes ont même battu des records historiques en 2024 et 2025.
Autrement dit : il existe un vrai marché, structuré, avec ses professionnels, ses cycles et ses logiques économiques.
Mais cela ne suffit pas à en faire un placement classique.
Aujourd’hui, l’investisseur n’achète généralement pas un cheval en direct.
Il devient actionnaire d’une société d’élevage ou de valorisation équine.
Le modèle économique repose souvent sur deux axes :
L’horizon d’investissement est généralement de 3 à 5 ans, avec une espérance de rendement annoncée autour de 8 % à 10 % par an dans les scénarios favorables.
Mais attention : il ne s’agit pas d’un produit financier régulé classique, ni garanti.
C’est là qu’il faut être très clair.
Investir dans les chevaux s’apparente davantage à ce que j’appelle un placement “satellite” qu’à un pilier de patrimoine.
Un bon parallèle est celui du capital-investissement ou du financement de start-up :
Un cheval peut devenir champion… ou ne jamais performer.
Le risque de perte en capital est réel.
Prenons le cas d’un épargnant de 45 ans disposant de :
Dans cette configuration, investir 2 000 € à 5 000 € dans un projet équin peut avoir du sens :
En revanche, y consacrer 20 000 € serait une erreur stratégique.
La fiscalité dépend de la structure juridique utilisée.
Dans la majorité des montages :
Il n’y a généralement pas d’avantage fiscal à l’entrée, contrairement à certains dispositifs immobiliers ou au private equity.
C’est donc un investissement économique, pas fiscal.
Avant de signer, il faut accepter une réalité simple :
Vous n’investissez pas dans un cheval.
Vous investissez dans une filière, une équipe, un savoir-faire.
Les points à vérifier sont essentiels :
C’est exactement la même logique d’analyse que pour un fonds non coté.
Ce type d’investissement peut être pertinent pour :
Les épargnants déjà structurés patrimonialement.
Ceux qui recherchent de la diversification hors marchés financiers.
Les profils curieux des actifs tangibles et du non coté.
Les investisseurs capables d’immobiliser une somme plusieurs années.
En revanche, ce n’est absolument pas adapté :
Aux personnes recherchant du rendement régulier.
À ceux qui ont besoin de liquidité.
Aux patrimoines encore en construction.
À ceux qui espèrent un gain rapide.
Dans un contexte où les taux restent incertains, où les marchés actions demeurent volatils et où l’immobilier cherche un nouveau souffle, ces solutions alternatives attirent naturellement l’attention.
Mais il faut garder la tête froide.
Investir dans un cheval de course ne remplacera jamais une assurance-vie, un PER, des actions ou de l’immobilier.
En revanche, bien utilisé, cela peut devenir :
Un outil de diversification marginal.
Une expérience patrimoniale différente.
Un investissement “plaisir maîtrisé”.
Et en gestion de patrimoine, la règle reste immuable :
On sécurise d’abord. On diversifie ensuite. On ouvre éventuellement la porte à des investissements plus atypiques, mais toujours de façon mesurée.
Enregistrement
Rencontrons-nous
POSEZ-MOI VOTRE QUESTION PATRIMONIALE