Le plan d’épargne retraite populaire (PERP) arrive à maturation

19 nov. 2018
PAR NICOLAS PEYCRU

Les flux de primes et de prestation en témoignent : le PERP est de plus en plus sollicité par les français, près de 13 ans après sa création et son amélioration progressive. Les primes gonflent progressivement au fur et à mesure que la clientèle de ce contrat s’élargit et ces dernières restent cependant encore inférieures à 100 millions d’euros par an, avec 74 millions en 2014. Les sorties en rente ainsi que les prestations hors sortie en rente ont commencé à croître significativement depuis 2013, montrant que les premiers épargnants touchent progressivement leur rente.

Le PERP (plan d’épargne retraite populaire) est un placementà long terme créé pour proposer à tout particulier de disposer d’un complément de revenu à la retraite en complément de sa pension. Il prend la forme juridique d’un contrat d’assurance. L’épargne accumulée est versée à l’épargnant une fois à la retraite sous forme de rente viagère mensuelle. Une sortie sous forme de capital à hauteur de 20% maximum seulement de la valeur de rachat est également disponible depuis 2010.

Les versements effectués sur un PERP sont déductibles du revenu global servant pour le calcul de l’impôt sur le revenu, pour chaque membre du foyer fiscal. Il existe toutefois un plafond de déduction. Pour les sommes versées en 2015, déductibles sur la déclaration d’impôts à souscrire en 2016, ce dernier est égal au plus élevé des montants suivants :

– 10% des revenus professionnels de l’année 2015, dans la limite de 8 fois le Plafond annuel de la sécurité sociale en 2014, soit un montant maximum de 30 038 euros
– 10% du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 3 755 euros.

Tout versement supplémentaire, la rente viagère ainsi que le versement en capital sont imposables selon les règles des pensions et retraites. A noter que pour ce dernier, l’épargnant peut aussi choisir le système du quotient ou pour l’imposition au prélèvement de 7,5%.

Les versements effectués sur un PERP sont bloqués jusqu’à l’âge de la retraite. La récupération de son épargne est donc impossible à l’exception de cas bien particuliers :

  • Invalidité
  • Décès de l’époux ou partenaire de PACS
  • Expiration des droits aux allocations chômage
  • Surendettement
  • Cessation d’activité non salariée à la suite d’une jugement de mise en liquidation judiciaire

Si le montant de la rente viagère mensuelle ne dépasse pas 40 euros, l’assureur peut la racheter et procéder en contrepartie à un versement unique en capital en faveur de l’épargnant.

Des simulateurs existent pour estimer les économies réalisées sur l’impôt sur le revenu et la rente viagère, mais le PERP est un produit dont le rendement varie d’un établissement à l’autre. Il vous faudra comparer les offres PERP entre elles sans tenir compte des livrets d’épargne réglementés dont les taux de rémunération sont fixés par le gouvernement.

Le choix entre ce produit de plus en plus intéressant et l’assurance vie, autre moyen de se constituer une rente à long terme, se fera en fonction de votre préférence entre bénéficier de la défiscalisation pendant la phase de prélèvement ou à la récupération du capital investi. Si à versements égaux l’assurance vie peut paraître plus intéressante, il ne faut pas oublier qu’elle nécessite un effort plus important de la part de l’épargnant, les versements n’étant pas exonérés comme pour le PERP. A vous de calculer la solution qui vous convient le mieux, en n’oubliant pas de prendre en compte des caractéristiques telles que la facilité de transmission ou sa disponibilité en cas de décès.

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