Astuces d’épargne pour les nouveaux gradués

14 nov. 2019
PAR NICOLAS PEYCRU

Des milliers de jeunes diplômés débutent leur carrière chaque année, tentent de rembourser leurs prêts étudiants, et essaient de concilier leurs besoins en matière d’épargne à long terme et leurs dépenses quotidiennes. Pour bon nombre d’entre eux, ces nouveaux dilemmes financiers peuvent être déroutants. 

Les règles du jeu sont pourtant bien connues. Le débutant doit : Consacrer un certain pourcentage de ses revenus à l’épargne; Se construire un fond d’urgence ; Valoriser le potentiel de croissance des actions ; Et profiter des intérêts composés avec l’épargne bancaire. 

Toutefois, comme dans tout domaine d’activités, il arrive un moment ou l’on doit franchir un cap et reconnaître un nouvel ensemble de règles afin d’optimiser sa performance. Pour l’investisseur vétéran, il s’agit de se raccrocher à une série de critères plus subtiles. À titre d’exemple, il évalue sérieusement l’aspect psychologique : La tolérance au risque est un élément essentiel quand il réalise qu’il doit privilégier ce qui lui met le plus à l’aise. Autre exemple, de nombreux investisseurs dans la vingtaine, sont à présent conscients qu’ils doivent investir à long terme dans des actions. De simples fonds indiciels ont suffi à rapporter une moyenne annuelle d’environ 14% sur les cinq dernières années aux États Unis. C’est étant donné que les obligations rémunèrent peu. Comparativement, les épargnes bancaires ne rapportent pas beaucoup non plus ! Outre ces deux exemples, quelles sont les règles qu’un jeune investisseur doit apprendre à suivre ?  

 

Innover dans la diversification

Les investisseurs débutants doivent s’assurer à ce qu’ils ne suivent pas toujours la mentalité du troupeau. Outre la gamme standard de fonds d’actions et d’obligations, un jeune investisseur doit considérer de nouvelles avenues telles que les placements collectifs dans les secteurs de l’immobilier (Crowdfunding, SCPI, SCI) et de l’énergie (ISR). Il s’agit d’emprunter des voies qui ne sont pas forcément évidentes.

Ce type de conseil repose sur le bénéfice qu’ont les jeunes investisseurs à pouvoir prendre davantage de risques. Ils ont plus de temps qu’un individu âgé de se remettre de plusieurs récessions. En plus, il y a les infrastructures présentes pour satisfaire une telle stratégie. Il s’agit notamment des plateformes en ligne qui facilitent le placement collectif. De sites de financement participatif (crowdfunding, crowdlending) permettent aux utilisateurs d’investir dans des projets privés hors du commun, à titre humanitaire (Investir99, Fondatio, Kisskissbankbank), artistique (Babeldoor, Ulule) ou pour la formation de jeunes entreprises (Anaxago, Happy Capital, Sowefund, Kiosktoinvest).

 

Faire équipe

Les clubs d’investissement sont nés aux États-Unis à la fin du 19ème siècle et sont apparus en France il y a plus de 40 ans. Ils existent aujourd’hui dans une vingtaine de pays. Des groupes peuvent être trouvés en ligne, via des sites tels que celui de la Fédération des Investisseurs Individuels et des Clubs d’investissement (F2IC). Ces collectifs regroupent les contributions des membres, qui peuvent être très modestes, et investissent par vote à la majorité, tandis que d'autres sont des groupes de discussion pour échanger des idées, des astuces et des vécus du marché.

 

Faire jouer l’atout fiscal

En fonction de l’âge, mais également de sa situation, il y a des bénéfices à se déclarer seul(e). Bien évidemment, si le jeune investisseur est rémunéré, il doit obligatoirement se déclarer seule. En que jeune étudiant(e) ou jeune de moins de 25, il existe plusieurs avantages fiscaux : 

  • Un travail d’étudiant, un job d’été ou des gains en tant que salarié de moins de 25 ans n’est pas considéré comme un revenu imposable; 
  • Ce n’est pas le cas non plus de la gratification d’un stage étant donné qu’elle n’est pas vue comme étant un revenu. Elle sert principalement à couvrir les frais associés au déplacement et à l'approvisionnement durant celui-ci. À noter qu’il doit avoir lieu dans le cadre des études et faire l’objet d’une convention. 
  • Comme dans le cas du stage, le service civique n’est également pas perçu comme étant un revenu imposable. Quoi qu’il en soit, il s’agit là de formes de rémunération qui permettent de contribuer significativement à l’épargne. 
  • Les moins de 21 ans ou étudiants de moins de 25 ans rattachés au foyer fiscal de leurs parents sont exonérés de la taxe d’habitation.

Il devient évident que les bénéfices cités ci-dessus ne seront plus bientôt éligibles pour de nombreux nouveaux gradués. En tous cas, il existe divers plans défiscalisants (Pinel, Malraux, Girardin…) qui méritent un coup d’oeil mais dont il est surtout essentiel de connaître le bon timing d’investissement. 

 

Regarder l’ensemble du tableau

Les récents diplômés estiment souvent que leur première priorité financière est de rembourser leurs prêts étudiants. Toutefois, cela peut être une erreur tant il est plutôt avisé d’épargner de manière agressive en vue de sa retraite.

Le jumelage de ses revenus, les allégements fiscaux et les intérêts composés offerts par les cotisations de retraite finiront par surpasser les profits générés grâce au remboursement rapide du prêt étudiant. Mais surtout, l’investissement n’est qu’une pièce du puzzle financier qui inclut des besoins tels que le remboursement de ces prêts et la construction d’une épargne ordinaire, l’acquisition d’une voiture et d’un acompte pour sa résidence principale.

L’investissement peut être contre-productif s’il consiste à faire une fixette sur le remboursement, et donc à constamment lésiner sur d’autres besoins financiers typiques aux jeunes. Un jeune investisseur ne devrait pas pour autant maximiser ses investissements de retraite. Verser 10% à 12% du salaire dans les plans de retraite est suffisant et permet de se concentrer sur d’autres objectifs essentiels de la vie, tels que l’épargne pour l’achat d’une maison ou la réduction de la dette de carte de crédit.

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