
Après plusieurs trimestres compliqués, les SCPI montrent enfin quelques signes d’amélioration début 2026. La collecte repart légèrement, les tensions sur la liquidité diminuent et certains investisseurs reviennent progressivement sur le marché.
Depuis près de deux ans, le marché des fonds immobiliers traverse une phase difficile. Hausse des taux d’intérêt, baisse des valorisations immobilières, ralentissement économique : l’environnement a fortement pesé sur les SCPI, les OPCI et les unités de compte immobilières.
Mais les chiffres du premier trimestre 2026 montrent que la situation commence progressivement à se stabiliser. Selon les données publiées par l’ASPIM et l’IEIF, la collecte nette globale des fonds immobiliers atteint 719 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année.
On reste loin des niveaux records observés avant la crise immobilière, mais c’est tout de même mieux que fin 2025. Le marché semble donc retrouver un peu de respiration, même si la prudence reste de mise.
Ce sont clairement les SCPI qui soutiennent aujourd’hui le marché immobilier papier. Leur collecte nette atteint 1,15 milliard d’euros au premier trimestre 2026, soit plus de 10 % de hausse par rapport à l’an dernier.
Mais cette dynamique profite surtout à quelques SCPI bien identifiées. Des véhicules comme Iroko Zen, Corum Origin, Transitions Europe ou encore Comète concentrent une très grande partie des nouvelles souscriptions.
Les investisseurs semblent désormais rechercher des SCPI plus diversifiées, souvent européennes, moins dépendantes du marché des bureaux français. La diversification devient un critère central dans les décisions d’investissement.
Le marché a clairement changé. Aujourd’hui, les épargnants regardent davantage la qualité des actifs, la stratégie du gestionnaire et la capacité des SCPI à traverser des périodes économiques compliquées.
L’un des gros sujets d’inquiétude depuis 2024 concernait les retraits de parts. Certaines SCPI faisaient face à des files d’attente importantes avec des investisseurs souhaitant sortir.
Sur ce point, les chiffres sont un peu meilleurs début 2026. Le montant des parts en attente diminue d’environ 350 millions d’euros par rapport à la fin 2025.
Mais cette amélioration doit être nuancée. Plusieurs sociétés de gestion ont temporairement transformé certaines SCPI en capital fixe, ce qui a mécaniquement réduit les carnets d’ordres visibles sur le marché.
Autrement dit, la pression baisse, mais le marché n’est pas encore totalement revenu à la normale.
Malgré les difficultés du marché immobilier, les SCPI continuent d’afficher des rendements relativement solides. Le taux de distribution moyen atteint 1,14 % sur le premier trimestre 2026, un niveau proche de celui observé l’année précédente.
En parallèle, les prix des parts continuent légèrement de baisser. En moyenne, le recul atteint 0,9 % sur le trimestre. Mais là encore, les situations sont très différentes selon les SCPI.
Certaines ont déjà largement ajusté leurs valorisations ces derniers mois, tandis que d’autres restent encore sous pression, notamment dans le secteur des bureaux.
La bonne nouvelle, c’est que les indicateurs annuels montrent un net ralentissement de la correction immobilière. Les valeurs de réalisation des SCPI ont reculé de 1,8 % en 2025, contre plus de 10 % en 2023.
Le marché semble donc progressivement absorber le choc provoqué par la remontée brutale des taux.
C’est probablement la question que beaucoup d’investisseurs se posent aujourd’hui. Après deux années de correction, certaines SCPI redeviennent plus attractives, notamment grâce à des valorisations plus cohérentes et des rendements qui restent élevés comparés à d’autres placements.
Mais le marché reste très sélectif. Toutes les SCPI ne traversent pas cette période de la même manière. Les véhicules les plus solides aujourd’hui sont souvent ceux qui ont su diversifier leurs actifs, investir hors de France ou limiter leur exposition aux bureaux les plus fragiles.
Dans ce contexte, investir en SCPI en 2026 peut avoir du sens pour un investisseur long terme, mais la sélection des supports devient plus importante que jamais.
Le marché immobilier papier ne retrouve pas encore l’euphorie des années précédentes. En revanche, les chiffres du début 2026 montrent clairement que la phase de tension extrême semble progressivement derrière nous.
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