
La collecte des SCPI a dépassé 1,15 milliard d’euros au premier trimestre 2026. Un chiffre encourageant, mais qui masque un marché de plus en plus sélectif où quelques SCPI concentrent l'essentiel des nouveaux investissements.
Après deux années marquées par la hausse des taux et les interrogations sur l'immobilier d'entreprise, le marché des SCPI montre des signes de reprise. Au premier trimestre 2026, la collecte nette a atteint 1,15 milliard d'euros, soit une progression de 10,1 % sur un an.
À première vue, le constat semble rassurant. La capitalisation totale du marché atteint désormais 88,65 milliards d'euros, en hausse de 3,3 %. Les investisseurs continuent donc d'allouer une partie de leur épargne à la pierre-papier malgré un environnement encore incertain.
Mais derrière ces chiffres positifs se cache une réalité bien différente.
Le rebond observé depuis le début de l'année ne profite pas à l'ensemble du marché.
Une poignée de SCPI concentre aujourd'hui l'essentiel des nouvelles souscriptions. À elles seules, quatre SCPI ont collecté plus de 100 millions d'euros chacune au premier trimestre. Transitions Europe arrive en tête avec 145,1 millions d'euros de collecte nette, suivie notamment par Corum Origin avec 119,4 millions d'euros.
Cette concentration des flux montre à quel point les investisseurs sont devenus plus exigeants. Là où le marché profitait autrefois à la majorité des acteurs, les épargnants sélectionnent désormais davantage les sociétés de gestion, les stratégies et les performances passées.
Quatre SCPI seulement représentent près de 45 % de la collecte nette du marché au premier trimestre 2026.
Un niveau de concentration rarement observé ces dernières années.
Un autre phénomène se confirme trimestre après trimestre : les investisseurs privilégient désormais les SCPI capables de diversifier leurs sources de revenus.
Les SCPI diversifiées ont capté plus de 81 % des flux du marché, soit près de 940 millions d'euros de collecte nette. Leur progression atteint même 21 % sur un an.
Cette tendance s'explique assez facilement. Après les difficultés rencontrées par certains bureaux ou certains commerces depuis la crise sanitaire, beaucoup d'épargnants recherchent désormais des véhicules capables d'investir sur plusieurs secteurs et plusieurs pays.
À l'inverse, les SCPI spécialisées continuent de souffrir. Les fonds majoritairement exposés aux bureaux voient leur collecte reculer tandis que les segments du commerce, de la santé, de la logistique ou du résidentiel peinent à attirer de nouveaux capitaux.
À première vue, les performances semblent relativement stables.
Le taux de distribution moyen du marché s'établit à 1,14 % pour le trimestre. Pourtant, ce chiffre masque une autre réalité beaucoup moins favorable.
Près de 49 % des SCPI ont réduit leur dividende par rapport au début de l'année précédente.
Autrement dit, même si la moyenne du marché reste stable, de nombreux investisseurs ont vu leurs revenus diminuer. Cela rappelle qu'une collecte élevée ne garantit pas automatiquement une amélioration des performances.
Les écarts entre les SCPI continuent de se creuser, aussi bien en matière de rendement que de valorisation du patrimoine.
L'un des sujets les plus surveillés depuis 2023 reste celui de la liquidité.
Les parts en attente de cession représentent encore 2,44 milliards d'euros, soit environ 2,75 % de la capitalisation totale du marché.
Le chiffre est en baisse par rapport aux trimestres précédents, ce qui pourrait sembler rassurant. Mais cette amélioration doit être nuancée.
Plusieurs sociétés de gestion ont temporairement suspendu le fonctionnement de certaines SCPI à capital variable. Cette décision limite mécaniquement le volume des demandes visibles sur le marché sans pour autant faire disparaître les difficultés de revente.
Certaines SCPI continuent d'afficher des niveaux de demandes de retrait particulièrement élevés.
Sur quelques fonds, les parts en attente représentent encore plus de 10 % de la valeur globale du patrimoine, un niveau qui reste significatif pour les investisseurs souhaitant récupérer rapidement leur capital.
Le principal enseignement de ce premier trimestre n'est finalement pas le retour de la collecte.
Le véritable changement est ailleurs : les investisseurs ne choisissent plus simplement d'investir en SCPI. Ils sélectionnent de plus en plus précisément les véhicules capables de s'adapter au nouvel environnement immobilier.
La différence entre une SCPI qui collecte massivement, maintient son rendement et conserve une bonne liquidité, et une autre qui subit des retraits ou une baisse de distribution, n'a jamais été aussi importante.
Pour les épargnants, le marché reste attractif. Mais la période où toutes les SCPI évoluaient plus ou moins dans la même direction semble désormais révolue. Aujourd'hui, la sélection devient presque aussi importante que la décision d'investir elle-même.
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